2019_03_28 CCFD soirée Niger - le-thillot.com : l'actualité gratuite du Thillot et Environs

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Articles > 2019 > Mars
LE THILLOT

CCFD Terre Solidaire : un miroir pas très beau à regarder…

Cherchez l’erreur : alors que son sous-sol regorge de richesses – uranium, pétrole, or, le fer, le charbon… - le Niger reste aujourd’hui un pays pauvre. Hassane, militant de l’AEC (Alternative Espace Citoyen), est venu témoigner de la situation compliquée des populations de son pays. Et le tableau renvoyé n’est pas flatteur pour nous autres Européens…
Indépendant depuis 1960, le pays a souffert d’une forme de pillage de ses richesses durant la période de colonisation par la France. Il n’est pas le seul, puisque toutes les puissances colonisatrices européennes ont fait de même dans d’autres pays au voisinage du Niger et ailleurs. Ce pillage se poursuit aujourd’hui à une échelle certes moindre, mais plus subtile avec, par exemple, l’exploitation de l’uranium par la multinationale française AREVA. « Le peuple du Niger ne profite pas de cette extraction » confiait Hassane « Au contraire, des maladies sont apparues liées à la radioactivité du minerais, qu’AREVA refuse de considérer comme maladies professionnelles ». Cette exploitation est également à l’origine de la pollution des nappes phréatiques, et pour longtemps…
Si les réminiscences de ces politiques de colonisation persistent encore aujourd’hui, elle n’est hélas pas le seul problème rencontré par les populations autochtones. Les bouleversements climatiques créent également de nombreux problèmes. Des changements qui apparaissent au niveau de la planète sont générés par les sociétés industrialisées dont la France fait partie intégrante. « Même si nous avons des progrès à faire, notamment concernant la déforestation, nous considérons que nous sommes victimes des modes de vie des pays développés » expliquait le Nigérien qui constate des bouleversements météorologiques imprévisibles qui mettent à mal certaines cultures. « Dans mon pays, on considère depuis la nuit des temps que lorsqu’une récolte est perdue, l’homme doit migrer pour aller chercher du travail ailleurs et permettre à sa famille de subsister ». Mais là encore, le bât blesse, lié à des contraintes imposées par les occidentaux.  Le Niger est géographiquement situé à un carrefour des routes en Afrique. De nombreux migrants, qui fuient la guerre ou l’extrême misère de leur pays cherchent à traverser la Méditerranée pour aller vers ce qu’ils entrevoient comme un Eldorado. Seulement voilà, les pays de l’UE ne veulent plus de ces migrants. « L’Union Européenne conditionne désormais ses aides à la mise en œuvre d’une politique volontariste de réduction des flux migratoires » expliquait Hassane « L’armée est désormais déployée dans les points stratégiques du désert – notamment les points d’eau - pour bloquer le passage ». Pire encore, d’autres pays comme les Etats-Unis ou la France ont également une présence armée dans le désert… « Les migrants sont donc nettement moins nombreux qui veulent rejoindre l’Europe, mais  ceux qui persistent prennent donc de plus en plus de risques pour aboutir à leurs fins. Nombreux sont ceux qui y laissent leur vie… ».
L’AEC (Alternative Espace Citoyen) dont fait partie Hassane se bat au Niger sur plusieurs terrains : la souveraineté alimentaire « Le Pays importe du lait en quantité alors que nous sommes un pays d’élevage »,  la communication « Seulement 20% de la population lit et écrit le français. Nous avons 4 radios qui émettent dans les langues locales », les migrations « Nous veillons à ce que les droits des migrants soient respectés », la gouvernance « Les revenues liés à l’exploitation du sous-sol sont mal utilisés. Les besoins sont par exemple très fort dans le secteur social ».
En ce mardi, le représentant de l’AEC était l’invité du CCFD – Terre Solidaire, dont l’organisation est un des nombreux partenaires. Une action en phase totale avec les objectifs de l’ONG qui milite pour le « Vivre ensemble », pour la construction de ponts et non de murs.
A l’occasion de cette rencontre, une belle délégation de l’association Asil’Accueil88 était présente dans la salle, et une militante a présenté le collectif pour  l’accompagnement des demandeurs d’asile qui, sur le secteur de Remiremont, rassemble quelques 80 membres et milite pour le partage, mais aussi et surtout pour changer le regard des autres, lutter contre les idées reçues, favoriser l’ouverture des esprits et des cœurs.
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